12/11/2009

chapitre 1 :les machines ....

-----------------------------------.....désirantes



Ça fonctionne partout, tantôt sans arrêt, tantôt discontinu.
Ça respire, ça chauffe, ça mange.


Ça chie, ça baise.
Quelle erreur d'avoir dit le ça.


Partout ce sont des machines,
pas du tout métaphoriquement: des machines de machines,
avec leurs couplages, leurs connexions.


Une machine-organe
est branchée sur une machine-source : l'une émet un flux,
que l'autre coupe.

Le sein est une machine qui produit du
lait, et la bouche, une machine couplée sur celle-là. La
bouche de l'anorexique hésite entre une machine à manger,
une machine anale, une machine à parler, une machine à
respirer (crise d'asthme). C'est ainsi qu'on est tous bricoleurs;
chacun ses petites machines.


Une machine-organe
pour une machine-énergie, toujours des flux et des coupures.
Le président Schreber a les rayons du ciel dans le cul. Anus
solaire. Et soyez sûrs que ça marche; le président Schreber
sent quelque chose, produit quelque chose, et peut en faire
la théorie.


Quelque chose se produit: des effets de machine,
et non des métaphores.



La promenade du schizophrène: c'est un meilleur modèle
que le névrosé couché sur le divan. Un peu de grand air,
une relation avec le dehors. Par exemple la promenade
de Lenz reconstituée par Büchner.(1)


C'est différent des
moments où Lenz se retrouve chez son bon pasteur, qui
le force à se repérer socialement, par rapport au Dieu de
la religion, par rapport au père, à la mère.


Là au contraire,
il est dans les montagnes, sous la neige, avec d'autres dieux
ou sans dieu du tout, sans famille, sans père ni mère, avec

la nature. « Que veut mon père? Peut-il me donner mieux ?
Impossible. Laissez-moi en paix.»


Tout fait machine.


Machines célestes, les étoiles ou l'arc en ciel, machines
alpestres, qui se couplent avec celles de son corps. Bruit
ininterrompu de machines.



«Il pensait que ce devait être
un sentiment d'une infinie béatitude que d'être touché par
la vie profonde de toute forme, d'avoir une âme pour les
pierres, les métaux, l'eau et les plantes, d'accueillir en soi
tous les objets de la nature, rêveusement, comme les fleurs
absorbent l'air avec la croissance et la décroissance de la
lune. »


Etre une machine chlorophyllique, ou de photosynthèse,
au moins glisser son corps comme une pièce dans
de pareilles machines.


Lenz s'est mis avant la distinction
homme-nature, avant tous les repérages que cette distinction
conditionne. Il ne vit pas la nature comme nature, mais
comme processus de production.


Il n'y a plus ni homme
ni nature, mais uniquement processus qui produit l'un dan
l'autre et couple les machines.

Partout des machin
productrices ou désirantes, les machines schizophr ne • t ut
la vie générique : moi et non-moi, extérieur et intéri ur
ne veulent plus rien dire.